Restauration de ma 403 B8 de 1962

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dany
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par dany »

Ausone69 a écrit :
dany a écrit :bravo !!!

as tu mis une graisse hydrofuge au fond de la vanne ? ca risque de fuir un peu a la mise en eau donc ne met pas les tapis de suite
Merci Danny !
Comme quoi je progresse... :lol:
J'ai mis de la graisse au silicone W40.
Non pas au fond de la vanne mais sur les pièces en frottement (cylindre intérieur d'ouverture-fermeture vs intérieur de la vanne elle-même)
Qu'en penses-tu ?
Dis-moi!
TRES BIEN

Ausone69
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par Ausone69 »

Séquence émotions aujourd'hui...
Après trois ans passés sans avoir tourné, j’ai décidé de vérifier si le moteur de ma 403 marchait toujours...
N’oubliez pas que, sans rien y connaître en mécanique, j’ai absolument tout démonté dans le but de refaire le bloc moteur à neuf. (Voir les pages précédentes)
Autant vous dire que je n’en menais pas large...
Avais-je tout bien remonté ?
Allait-elle démarrer ou pas du tout ?
Allait-elle prendre feu ?
Ou encore faire des bruits à me faire froid dans le dos et à me laisser au bord des larmes ?

Eh bien voici ce qu’il s’est passé ...
La réponse en images

https://youtu.be/RY3deTs8BxQ

Bonne soirée à tous !

john
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par john »

Plutôt pas mal ! :D
403 B8 1958 "swappée" 203 U8...
504 C12 1971 en cours de redémarrage

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thorgen
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par thorgen »

oui, ça tourne :wink:
elle semble s'étouffer quand tu accélères ?
Marc

Ausone69
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par Ausone69 »

En fait, le moteur était froid, le carburateur non réglé et l’alimentation en essence non constante...
Donc ce n’est pas si mal et je pense que tout rentrera dans l’ordre quand je me pencherai réellement sur le « problème ».
C’était juste l’occasion de faire un test pour me rassurer, mieux dormir, et dire à ma femme que la voiture marche encore avant de poursuivre les travaux... :lol:

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thorgen
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par thorgen »

ah, je pensais que tu avais fait des réglages :wink:
alors, c'est nickel
Marc

Ausone69
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par Ausone69 »

Arrivage de colis...
Image

Par contre, il y a une chose que j'ignore :
Sans enlever le moteur, comment faire pour accéder au démarreur ???
Il me semble inaccessible via le capot et, par dessous, je ne le vois pas.
Il me semble être protégé par une tôle de carter et donc inaccessible.
Je me dis que je peux toujours découper cette tôle et la ressouder ensuite.
Mais avant, je préfère vous demander conseil, au cas-où il y aurait une solution plus simple pour débrancher les fils qui y sont reliés et brancher les nouveaux.

Donc...
Des avis ou conseils sur la question ?
Merci d'avance

john
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par john »

Beau faisceau !

Pour moi pas de tôle de carter pour protéger le démarreur..
Tu peux y accéder à l'arrière gauche du moteur, et selon moi tu ne devrais pas avoir de problème pour accéder aux branchements (lever la voiture, chandelles ou rampes).

@+
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thorgen
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par thorgen »

pareil que John, je ne me souviens pas d'une tôle qui empêche de démonter le démarreur.
Marc

Matthieu
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par Matthieu »

Bonjour,

J'ai suivi avec attention toute ta restauration : bravo, j'admire, car je suis en train aussi de mettre en route une 403 qui n'a pas tournée depuis 30 ans.

Aussi je voudrais revoir le faisceau électrique par sécurité : j'ai vu celui que tu as reçu : est ce que c'est un faisceau électrique qu'il n'y a plus qu'à monter et l'as tu eu par le club ?

A bientôt

Matthieu

Charles B
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par Charles B »

Sur une 403 standard, il n'y a pas de tôle empêchant l'accès au démarreur, Par contre, il faut déposer le démarreur pour pouvoir déposer une des 2 tôles de fermeture de la cloche d'embrayage. Le fil d'excitation du lanceur de démarreur est accessible par dessous. Sur ma 403, il me fais même régulièrement la blague, quand je roule dans l'herbe un peu haute par exemple, de se débrancher car c'est une fiche banane. Ça peut aussi servir d'antivol quand on n'a pas de Neiman.
Charles B

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top50
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par top50 »

Sur l'une des mes Peugeot 403, c'est la cosse Faston mâle 6,3mm (sur le fil n°46) d'alimentation de la solénoïde qui s'était fait la malle.

Un coup de pince sur la cosse et roulez jeunesse. :wink: :wink: :wink: :wink: :wink:
"Un ami, c’est quelqu’un qui te connaît tel que tu es, qui comprend qui tu as été, qui accepte ce que tu es devenu, et encore, qui te permet de te développer."
William Shakespeare

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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par top50 »

Matthieu a écrit :Bonjour,

Aussi je voudrais revoir le faisceau électrique par sécurité : j'ai vu celui que tu as reçu : est ce que c'est un faisceau électrique qu'il n'y a plus qu'à monter et l'as tu eu par le club ?

A bientôt

Matthieu
Le Club 403 ne vend faisceau électrique.

Personnellement, j'ai refait le faisceau de mon Orléane pour un prix plus que raisonnable => viewtopic.php?f=14&t=4288&start=30

Je me suis bien amusé. :lol:
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William Shakespeare

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thorgen
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par thorgen »

Matthieu a écrit :Bonjour,

J'ai suivi avec attention toute ta restauration : bravo, j'admire, car je suis en train aussi de mettre en route une 403 qui n'a pas tournée depuis 30 ans.

Aussi je voudrais revoir le faisceau électrique par sécurité : j'ai vu celui que tu as reçu : est ce que c'est un faisceau électrique qu'il n'y a plus qu'à monter et l'as tu eu par le club ?

A bientôt

Matthieu
non, pas de faisceau au club

on peut en trouver ici :
https://www.faisceaux-classic-car.com/f ... ot-403.htm
Marc

vivierdominique
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Re: Restauration de ma 403 B8 de 1962

Message par vivierdominique »

:D magnifique histoire un vrai écrivain le Cyril !!!!!
Ausone69 a écrit :
mer. sept. 18, 2019 7:50 pm
Bonsoir à tous,

Je m'appelle Cyril.
Au printemps 2016, j'ai décidé de me lancer et d'acheter ma 403.
Je cherchais quelle voiture acheter car j'avais un petit budget.
Moins de 5000 euros.
Au début, je convoitais une 4 cv.
Mais après un essai, je me suis rendu compte que cette voiture sympa ne freinait pas du tout et qu'il était très difficile, vu son allure, et ses trois vitesses de s'insérer dans la circulation urbaine.
Car oui, j'habite à Lyon...
L'objectif de mon achat étant des balades en famille avec ma femme et ma fille, je me suis donc tourné vers quelque chose de plus sûr, de plus gros et de plus confortable aussi.
Et là, la 403 entrait dans mon budget...

Après quelques recherches, j'en trouvais une du côté de Rodez.
Ah j'oubliais, bien sûr, je n'y connaissais rien...
C'est plus drôle...
Vous comprendrez un peu plus tard...

J'ai été très heureux qu'une 403 puisse entrer dans mon budget.
En fait mon père a eu une 403 dans les années 70-80.
Je me souviens qu'elle était noire.
Et que je l'aimais bien cette voiture.
Je lui trouvais une certaine élégance.
Nous l'utilisions dans notre maison de campagne.

Puis mon père l'a vendue pour une 404.
J'étais petit mais je lui en ai voulu.
Je trouvais la 404 moche.
Une fausse américaine bien prétentieuse et qui manquait de rondeurs.
Même si, pour l'avoir conduite plus tard, je dois reconnaitre qu'elle était puissante et vraiment confortable.
D'ailleurs mon père lui a vite collé une remorque pour transporter tout ce que l'on peut trimbaler à la campagne.

Donc, j'ai trouvé cette 403 et je suis parti l'acheter vers Rodez.

Image

Les photos étaient plutôt flatteuses et le vendeur sympa.
(Au passage, si vous voulez rendre des photos flatteuses, mouillez votre voiture juste avant de prendre des photos ;-) )

J'ai alors fait semblant de la regarder sous toutes les coutures pour faire croire que je m'y connaissais.
Puis, quand je me suis convaincu qu'il était tant de mettre fin à mon jeu de rôle, j'ai mis l'argent sur la table et j'ai eu les clés.
J'avais, bien sûr, quand même essayé la voiture avant.
Elle marchait bien.
Donc, j'ai pris la route pour rentrer avec à Lyon.

La route du retour fut plutôt sympa même si je n’ai jamais autant serré les fesses et prié pour que j'arrive à destination sans encombre.
Chaque bruit me semblait suspect.
Chaque passage de vitesse raté me donnait des sueurs froides.
Je ne parle même pas de caler...
Le trajet passe par des coins vraiment reculés ou il n'y a pas âme qui vive... et encore moins de réseau... plus de la neige... !

Image

A une dizaine de kilomètres du Puy, je décidai de faire une petite pause.
Je me garai un peu en dévers, me soulageai et là en tournant la tête j'aperçus une flaque sous la voiture.
Panique à bord !
Ca y est, c'était la tuile.
La voiture avait un problème.
Je m'étais fait avoir.
Bien fait pour moi.
Si j'avais écouté ce pote qui me disait que l'on ne ramène jamais une vieille voiture par le route lors d'un achat mais qu'on la met sur un plateau....
Sauf que le plateau, il fallait le louer et que je n'avais pas les ronds.

Image

J'appelai donc le vendeur.
Il m'écouta et me dit que ce n'était rien.
Simplement le liquide de refroidissement qui débordait du radiateur qu'il avait trop rempli.
Donc, je repartis.
Rassuré.
Bien sûr, je n'avais pas éteint le moteur lors de ma pause... au cas où il ne redémarre pas....
Après 400 kms de route, j'arrivai à Lyon, soulagé, voire plutôt fier d'avoir réussi mon pari !

Image

Mais ce que je ne savais pas encore, c'est que je n'était pas au bout de mes aventures...

Image


Je continue mon histoire...

Je précise un point oublié hier.
Sous la neige, sur la route du retour, les essuie-glaces fonctionnaient à la manière suisse.
C'est à dire environ un aller-retour à la minute...
Mais, grâce au forum et à un tuto très bien fait, aujourd'hui ils marchent à la perfection.
Je vous ferai voir ça en photos plus tard.

Une fois revenu à Lyon, et alors que le temps était assez maussade, s'est posée la question d'un garage.
Et oui, je vis en appart...
C'est tellement plus simple quand vous avez un tel projet... !
Quel con, j'aurais pu y réfléchir avant... !

Par respect pour ma vieille dame, et pour pouvoir faire deux ou trois bricoles, il me fallait donc ce garage.
Dans une grande ville, rien n'est simple et tout est vite coûteux.
On appelle donc ça un box.
Et non un garage...
Le premier box que j'ai réussi à trouver n'était pas tout près de chez moi mais avait l'avantage d'avoir l'électricité.
Seulement, à 80 euros par mois, un an de box me coûtait déjà 25% du prix d'achat de ma voiture...
Je l'occupai donc quelques mois avant qu'un autre box ne se libère dans ma résidence, ce qui est très rare.
Une vraie affaire.
50 euros par mois MAIS... sans électricité.

J'ai donc investi dans une rallonge de 50m qui, maintenant, quand je bricole, relie mon appart en rez-de-chaussée à mon box.
Interdit de rire !
Tout ça pour dire à ceux qui vivent en maison qu'ils ne connaissent pas leur bonheur.
Moi, quand je veux travailler, j'en ai pour 20mn à tout préparer et idem pour tout ranger.

Sans compter qu'il faut qu'il fasse beau car, bien sûr, une fois la voiture et les outils dans le box, je ne peux plus bouger.
Je dois donc bosser à l'extérieur et le nombre de jours et de mois où cela est possible dans l'année est limité.
Maintenant, je milite donc pour le réchauffement climatique !

En revanche, alors que je m'attendais à ce que l'on me brandisse le règlement de copropriété à la figure, les gens ont été plutôt sympas et tolérants.
Travaillez sur une ancienne et vous sentez tout de suite un vrai coefficient sympathie.
Parfois, c'est même dur de bosser car les gens, souvent des retraités, mais pas seulement, vous apostrophent et veulent discuter.
Et vous, vous avez à peine une heure avant que l'averse que vous voyez poindre à l'horizon n'arrive.

Mais revenons à mon histoire.
Deux jours après mon retour j'aperçois une petite flaque sous ma voiture.
Toujours ce même liquide.
Même en étant nul et en y connaissant rien, je le reconnais.
Il est jaune-vert
Il goutte.

Image

C'est donc du liquide de refroidissement.
Il parait d'ailleurs qu'il faut prendre du violet et non du jaune car le violet contient un anti-rouille et non le jaune.
Je me suis dit, cette année, en rénovant mon radiateur que j'y songerai en le remplissant à nouveau vu toute la rouille que j'en ai sorti.
A ce sujet, regardez le post de Danny concernant la rénovation des radiateurs.
Il est très bien fait.

Panique à bord, fuite signifie risque de surchauffe et casse du moteur.
Ca serait bête.
Certes "une 403 ne chauffe jamais", dixit Jean-Marc, mais quand elle a du liquide de refroidissement, c'est quand même mieux.

Le lendemain, je décide de démarrer ma voiture juste pour me rassurer et me dire qu'elle marche toujours.
Cette fuite visible sur le goudron m'avait inquiété et empêché de dormir.
Et.. elle démarre nickel !
Je suis aux anges.

Il est 20h30, je pars donc remettre de l'essence.
J'ai quand même consommé les 10l au 100 attendus pour rentrer de Rodez.
Je ne me suis pas autorisé à dépasser les 110 km/h par prudence vu la longueur du trajet mais je me suis rendu compte que les 130 étaient jouables...
Au moins à plat et sur autoroute.
Car en montée, il faut plutôt viser la file poids lourds... !
Je l'ai vécu à la sortie du Puy en remontant sur la Haute-Loire.

J'arrive donc à la pompe.
Il fait déjà nuit et froid.
Je remplis le réservoir, non sans fierté, en ouvrant la trappe magique située dans le phare.
Je file payer, remonte dans la voiture et là... impossible de redémarrer !
Bien sûr, je finis par noyer le moteur à force d'écraser l'accélérateur.
Et bientôt, plus de jus du tout.
La misère totale.

Je vais voir la personne qui officie à la caisse.
Je lui explique que ma voiture est en panne, que je pars le lendemain à Paris à 6h du matin pour le boulot, que je vais la laisser là... et que je reviendrai la chercher le surlendemain.
Bien sûr, je n'ai aucune idée de comment je ferai cela.

Il a dû le sentir...
Il rétorque alors que c'est impossible.
Son patron va faire mettre ma voiture en fourrière dès le lendemain matin puisque je gênerai la livraison de carburant.
Bref, le cauchemar !

J'essaye à nouveau de démarrer et je comprends bien vite que la batterie est morte.
Seul au monde dans une grande ville...
Je vous jure, c'est possible...!

Et là, s'arrête un type qui me dit : "Je peux faire un selfie avec ma copine dans votre voiture ? Elle est trop cool !"
Surréaliste.

Moi j'ai le moral à zéro, je suis limite en larmes.
Le mec a une tête à faire peur.
Sa nana est plus avenante.
Je me demande d'ailleurs ce qu'elle fout avec lui.
Peut-être le côté bad boy...

Qu'ai-je à perdre ?
De toute façon, il ne partira pas avec !

Ils font le selfie et je lui raconte alors mon problème.
Et là, le mec me dit : flippe pas, j'ai de pinces, on va la démarrer ta caisse !
Je suis un peu inquiet mais croyez-le ou non, il le fait et je peux alors rentrer chez moi.

Deux jours après j'achetai une batterie pour près de 130 euros chez Feu Vert.
Ma voiture revivait et ma vie reprenait.
Côté batterie, il y a moins cher.
Lisez le bulletin de Jean Marc à ce sujet pour ne pas faire comme moi...

Je comprenais aussi, au passage, que le vendeur ne m'avait pas tout dit sur la batterie.
En même temps, je ne lui avait pas posé la question non plus.
Trop occupé que j'étais à vouloir jouer l'important pour faire croire qu'à moi, on ne me la ferait pas !

Quelque temps après, je me dis que faire voir ma voiture à un vrai mécano serait une bonne idée.
A la fois pour qu'il me rassure sur mon achat mais aussi pour qu'il me règle ce problème de fuite qui continue de me hanter.
Je repère un garage... à l'ancienne.
Pile ce que je cherchais.
Le gars est proche de la retraite, un peu bourru avec la gitane maïs au bec, ou pas loin.
Même s'il n'est pas très sympathique, je me dis que vu son look, il est forcément compétent.

Il regarde la voiture, ne disant trop rien.
Je devine bien ce qu'il pense.
Je porte mon inexpérience et ma candeur sur mon visage.
Elles sont aussi visibles qu'un bon coup de soleil.
Il rumine, bougonne puis, comme j'insiste pour avoir son verdict, il me dit qu'il la trouve pas mal mais il m'annonce rapidement que j'aurai quand même un longeron à changer.

Image

Image

Je me décompose en me demandant déjà comment j'allais faire pour gérer ce problème.
Me voilà reparti dans un nouveau bad trip.
Le type m'a tué.
Bien sûr, lui n'a ni le temps, ni l'envie de le faire.
Entre parenthèses, un truc à faire avant de se lancer dans un achat, c'est de repérer le réseau de professionnels dont vous aurez certainement besoin.
Aujourd'hui les garagistes ne veulent pas entendre parler d'anciennes car ils ne gagnent rien dessus.
Il faut donc trouver des spécialistes.
Mais, problème, ils connaissent leur rareté et leurs compétences.
Ils ont des tarifs en adéquation...

Bref, le tonton flingueur accepte de prendre ma voiture pour regarder cette fuite qui, dit-il, est a priori liée à la pompe à eau.
Je lui glisse un billet de 100 euros et lui confie la voiture.
Avant de la rentrer dans le garage, il fait 200m avec ma 403 et me dit qu'il est surpris car il trouve que le moteur marche très bien.
Bien mieux qu'il ne l'aurait imaginé pour une voiture de cet âge.
On en reste là.
Je suis à moitié soulagé.

Une semaine après, je la reprends.
Et je vais être complètement soulagé...
Il a changé la pompe à eau et réglé les culbuteurs, me dit-il.
Et il a trouvé le bon pigeon car j'ai démonté ma pompe à eau récemment et je peux vous confirmer qu'elle est bien toujours de 62.
Il a juste mis un peu de pâte anti-fuite sous la pompe à eau...

D'ailleurs j'ai rénové un bout de métal qui était cassé au niveau de l'arrivée de la durite avec du mastic bi-composants.
Cela ressemble à de la pâte à modeler mais ça devient dur comme de l'acier.
On peut ensuite le poncer, le limer et le peindre.
C'est juste bluffant et bon à savoir.
Même moi, j'y suis arrivé !

Bilan de ma visite chez le mécano, le type m'a arnaqué de 100 euros..
Ce qui fait cher la semaine de parking dans son garage.
Espérons qu'il ait au moins payé un bon repas à sa femme avec mon argent !


Après ces aventures, s'est rapidement posée la question de mon objectif.
Pourquoi avais-je acheté cette voiture et qu'allais-je en faire ?

Pour moi c'était assez simple, améliorer deux ou trois trucs et surtout s'en servir pour des petites balades à la journée, du côté d'Annecy par exemple.
Comme dirait un de mes potes anglais "Ride it like you stole it".
En gros, profites-en sans te poser de questions !
Je me suis donc penché dans un premier temps sur les accessoires qui pouvaient exister.
J'ai passé mon temps à regarder et à éplucher frénétiquement tous les sites sur lesquels on pouvait trouver des pièces de 403 et j'ai aussi découvert le club.

Comme je n'avais pas l'âme de l'ado dont le seul objectif est de faire du tunning sur sa mobylette, je n'ai pas acheté grand chose.
Mais je me suis quand même offert une super plaque d'immatriculation Maillefaud.
Vintage, avec les lettres et chiffres en relief, en alu brossé sur fond noir mat.
Magnifique, même si cela m'a coûté un bras et que pour l'instant, trois ans après, elle n'est toujours pas posée.

Pourquoi ?
Vous allez le savoir prochainement.

Au passage j'ai immatriculé ma 403 en collection.
Son âge le permettait et j'ai trouvé ça flatteur pour mon ego de me dire que je possédais désormais une voiture de... collection !

Dans mon premier garage, je me suis mis à démonter la sellerie.
Pour pouvoir la faire refaire, il fallait que je sache comment les sièges se démontaient.
Tout était mort, hormis l'ossature en acier des sièges.
Mes fesses et mon dos me l'avaient confirmé lors de mon trajet retour de Rodez.

Image

Seulement voilà, une fois les sièges démontés, je me suis intéressé au tapis de sol puis, dessous, à la moquette.
Comme la moquette était collée et pourrie aussi, j'ai tout arraché pour voir l'état du plancher.

La thibaude, protection thermique de l'époque, est une vraie cochonnerie qui retient l'humidité et fait rouiller les planchers.
Bilan, le plancher passager plein de petits trous. Argh !

Image

Au passage, ne faites pas mon erreur, gardez ce qui est pourri quand vous l'arrachez car au moins vous disposez d'un gabarit pour la suite !
Interdit de rire...

Bref, vous l'aurez compris, je me suis mis à tout désosser...
C'était frénétique.
On aurait dit Obélix entrain de dévorer un sanglier.
En fait, en découvrant la poussière sous le tapis, comme on dit, je ne pouvais plus feindre de ne pas savoir qu'elle existait.
Elle m' obnubilait.
J'a oublié de vous le dire, je suis un peu perfectionniste et un peu esthète aussi.
Cette voiture dans son jus et avec ses imperfections ne me correspondait pas.
Plus je démontais, plus j'avais envie de tout refaire... à neuf...
Je me suis donc lancé depuis trois ans dans un vrai chantier au grand désespoir de ma femme qui depuis vit, ou plutôt subit, mes phases de fierté et d'abattement.
Une vraie sinusoïde !

Et parfois, je l'entends me dire, non sans raison : "Tu sais, cette voiture, quand tu l'as achetée, elle marchait..."
La flèche en plein coeur !

Mais une chose importante me fait tenir alors que beaucoup auraient peut-être renoncé.
Je n'ai pas de deadline.
Je prends mon temps.
Et si ça doit durer dix ans, ça durera dix ans.
Je remarque aussi que j'apprends beaucoup au fur et à mesure.
Et j'aime ça aussi car j'ai un petit côté autodidacte.

Très souvent, et encore maintenant, c'est bien sûr... à mes dépends !
Evidemment...
Et quand je vais vous raconter toutes les âneries que j'ai pu faire, vous allez bien vous marrer.
Dany qui m'a souvent remonté le moral pourra le confirmer.
Je suis surement le boulet le plus incroyable qu'il n'ait jamais connu.

Mais je me suis dit que partager tout cela après avoir beaucoup reçu beaucoup d'aide sur ce forum pourrait toujours aider quelqu'un qui voudrait se lancer dans l'aventure...

Alors, comme je vous le disais, je me suis mis à tout démonter.
J'ai commencé par l'intérieur que j'ai vidé de ses sièges.
Puis, j'ai tout poncé.
Je voulais repartir sur des bases saines....

Bien évidemment, j'ai fait ça sans masque de protection et j'ai avalé des poussières de plus de 50 ans d'âge et des tonnes de poussières de peinture.
Si avec ça je n'ai pas de problème pulmonaire plus tard, j'aurai bien de la chance.
J'ai aussi laissé je ne sais combien de brosses de fer circulaires en essayant d'enlever l'espèce de goudron qui recouvrait parfois, à l'intérieur, certaines parties du plancher.

Un bon plan à connaître, pour aller vingt fois plus vite, si jamais vous êtes tentés de faire ça vous aussi, achetez un petit chalumeau de poche à une vingtaine d'euros.
Le goudron se met alors à fondre et avec une raclette en fer, ça part tout seul.
Evidemment, j'ai su ça quand j'avais quasiment terminé...
Argh !
Quand je vous dis que l'on paie pour apprendre...

Si c'était à refaire, je ne referais pas.
Je pense que je me suis imposé des heures de travail inutile.
Il vaut mieux traiter localement.
Car une fois que la tôle est à nue, il faut alors mettre un anti-rouille, un apprêt epoxy et une nouvelle couche de peinture.
Bref, un boulot monstre.

Image

Voici ce que ça a donné quand j'ai fini l'anti-rouille.
J'ai mis du Rustol-Owatrol.
C'est ce qu'on met sur les bateaux.
Donc, peu de risques que la rouille dévore ma voiture à présent.
Au passage, derrière la banquette arrière, j'ai mis une mousse de protection anti-bruit à la place de l'espèce de crin de cheval ou similaire qui était complètement foutu.

Et là, j'entends déjà crié les puristes...
Mais chacun ses choix.
Moi je restaure cette voiture pour le plaisir et je me fiche qu'elle ne prenne pas de valeur à cause de certains de mes choix.
Je ne fais pas ça pour gagner de l'argent, ni pour être fidèle à tout prix à l'original.
Je pense juste qu'aujourd'hui, il serait dommage de se priver de matériaux bien plus performants qu'autrefois.
Ma seule limite est l'esthétique de la voiture.

Une fois l'intérieur fini, enfin sauf le plancher passager qui lui était toujours plein de trous, je me suis dit qu'il serait bien d'aller jeter un oeil dans le coffre.
Franchement quitte à faire les choses, autant aller jusqu'au bout...

Ca, vous verrez que c'est un peu ma philosophie.
Bim bam boum, j'arrache tout et, comme un abruti, je mets tout à la poubelle.
Adieu les gabarits que j'aurais dû garder...
Et là, c'est reparti, le ponceur fou reprend du service...

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J'arrive à la tôle nue et là je découvre un problème majeur, il y a du croustillant...
Il parait qu'après 1960, pour faire des économies, Peugeot a acheté de l'acier italien.

Comme bien sûr, je suis le mec qui a toujours du bol, ma voiture est de 1962 et sent bon l'Italie...
Oh sole mio !
Les espaces de renforcement du coffre sont tout rouillés et complètement morts.
Le passage du tuyau du toit-ouvrant a dû bien fuir aussi car certains endroits ressemblent à de l'emmental.

Je sors donc la disqueuse et je coupe tout ce qui est atteint.

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Au fait, vous vous souvenez que je n'y connais rien ?!
Et puis, je me remets à l'orange pour rester dans l'ambiance late 60ies, début 70ies !

Vous devinez la suite ?
J'ouvre le capot...
Tant qu'à faire les choses, autant les faire à fond...
Et là, beurk...

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La photo est flatteuse, même si cette fois rien n'est mouillé (cf. l'achat)
En réalité, c'est plein d'huile et d'une sorte de boue due à l'usage champêtre du précédent propriétaire.
Beurk !

Sauf que là, pour moi, on joue dans la cour des grands...
Je n'y connais vraiment rien.
Si, si !
Même enlever le cache-culbuteurs me fait peur.
J'hésite longuement...
Je m'arme dans un premier temps de chiffons.
J'essaie de nettoyer.
C'est à peine mieux.
Ca ne me plait pas.

Comment justifier d'une 403, à terme refaite, et avoir une partie de la voiture qui reste dégoûtante... ?
Pour ne pas dire plus...

Seulement voilà, l'idéal serait d'enlever le moteur et de tout refaire autour.
Problème, mon box ne permet pas de stocker la voiture, le moteur plus une grue d'atelier.
J'habite Lyon...

Donc, quoi faire...?
Allez, je vous laisse deviner mon choix...

Pour moi ce n'était pas possible de laisser le bloc moteur dans cet état.
J'ai donc décidé de refaire tout le bloc à neuf... mais, sans enlever le moteur !

Inutile de vous dire qu'en prenant une telle décision on ne simplifie pas la vie puisqu'il faut à chaque fois tout protéger.
Et cela prend des heures.
Toujours en m'y connaissant guère plus qu'au départ, je démonte un à un tous les périphériques qui me gênent.

Et c'est parti.
Je commence par le collecteur d'échappement.
Et cela sans même casser un goujon en dévissant !

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Miracle !
Comme le collecteur est fendu, j'en achète un sur le Bon Coin et le repeint pour qu'il soit tout beau.

Au passage, je partage le truc que m'a enseigné Danny : pour éviter d'avoir du mal à dévisser à nouveau les écrous plus tard, mettre un peu de graisse au cuivre sur le filetage.
Autre truc, mais à vérifier, dans une émission de "RMC Découverte" consacrées aux chars d'assaut, ils arrivent à dévisser n'importe quel boulons grippé en le chauffant à blanc au chalumeau et en jetant ensuite dessus de l'eau froide.
Là, je n'ai jamais testé, mais, a priori, ça a l'air de marcher.
Si vous avez une tourelle de char grippée, vous savez maintenant comment faire.
Dites à votre femme de faire chauffer de l'eau... :D

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Puis vient le tour du cache-culbuteurs.
Et là, idée de génie... je numérote les fils de bougie et prends des photos avant de démonter !
Comme quoi, parfois, je peux avoir un éclair d'intelligence...

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Ensuite, c'est le carburateur et là je commence à trembler.

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Je continue avec le solenoïde,

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la bobine d'allumage,

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la pompe à essence,

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le condensateur,

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le moteur d'essuie-glace,

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le bidon de lave-glace...

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le klaxon

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l'éclairage de capot,

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le filtre à huile,

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Bref, tout ce qui traîne, qui peut me gêner ou que je dois peindre.
Beurk !

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Regardez l'état du passe-fil que j'ai entre les doigts, il a l'âge de la voiture.
J'ai appris que ce passe-fil est un vrai élément de sécurité car si le fil de batterie se coupe sur le rebord de la tôle, il y a alors un risque réel d'incendie.
Je comprends alors en changeant ce passe-fil que je devrais aussi changer tous les joints de ma voiture...

Si vous faites la même chose que moi, à savoir démonter tout ce qui vous passe sous la main, pensez à prendre des tonnes de photos et surtout, sous tous les angles, pour avoir une vue en 3-D des pièces.
Car si vous remontez tout cela un an plus tard, c'est utile de savoir par exemple quel fil rebrancher et où...

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Alors, celle-là, je l'adore...
Après avoir démonté tous les périphériques, me voici à gratter, à laver et à astiquer le bloc.
Pour éviter de faire entrer des poussière dans le moteur, je prends le premier truc que j'ai sous la main, en l'occurence du Sopalin, et je bouche tous les trous avec.

La veille de partir en vacances, en juillet, je passe au garage et je ne sais pas pourquoi, je trouve que le morceau de Sopalin que j'ai mis au niveau du reniflard est mal mis.
J'avance donc les doigts pour m'en saisir et, sans comprendre pourquoi ni comment, au lieu de l'enlever, mes doigts le poussent à l'intérieur du bloc moteur.

Et là, c'est comme si j'avais pris un coup de poignard.
Je viens de réaliser ma connerie.
Ma vie s'arrête.
Je viens de flinguer mon moteur.
Jamais je n'arriverai à récupérer ce p****** de bout de Sopalin qui va bien sûr tout casser lors de la remise en route.
j'ai les larmes au yeux.
Je me traite de tous les noms.
Je me dit aussi que c'est bien fait pour moi.
Que l'on n'achète pas une voiture ancienne pour la rénover quand on y connait rien.
Que j'ai foutu mon argent en l'air...
Que personne ne va vouloir me racheter cette voiture maintenant qu'elle a ce problème...

Je crie mentalement à l'aide.
Et là, je me dis qu'un seul homme peut me sauver (en réalité, il le fera deux fois mais je vous expliquerai plus tard) : Danny !

Ni une, ni deux, à la fois honteux et désespéré, je l'appelle et lui raconte mon histoire.
Après s'être bien marré, il me rassure.
Je vais bien pouvoir récupérer mon morceau de Sopalin.
Via... le petit carter.
Et ce sera même l'occasion de faire quelque chose que j'ignorais : le démonter et le nettoyer !

Je pars donc le lendemain en vacances, soulagé, en me promettant de m'attaquer à ce petit carter dès mon retour.
J'y ai pensé toutes les vacances mais Danny avait vu juste.
J'ai récupéré mon morceau de Sopalin et j'en ai profité pour refaire une santé à ce petit carter qui était dans état lamentable.

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Ci-dessus mon petit carter repeint et avec un beau joint en liège tout neuf.

Si vous souhaitez démonter votre petit carter, suivez le tuto de Danny à ce sujet.
C'est au final assez simple même si, se glisser sous la voiture montée sur des chandelles n'est pas très rassurant.

Autre chose, dixit Danny, au lieu de mettre du Sopalin pour boucher les trous, utilisez des bouchons en liège ou un morceau de balai.
C'est beaucoup plus intelligent et moins risqué....

Ensuite après avoir préparé les supports, je décide de peindre le bloc mai il faut protéger le reste.
Et me voilà en atelier plastique, scotch bleu et protection.

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Pour passer de ça...

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à ça...

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Puis à ça !
Première vraie fierté !
Au passage, j'ai démonté le Solenoïde pour pouvoir le peindre.

Ne faites pas comme moi, ce truc pèse une vache morte !
Donc, prévoyez d'amortir la réception sur le sol car, d'une main (l'autre étant prise par la clé plate) vous aurez du mal à le retenir.
Heureusement pour moi, il est tombé au sol mais sans aucune gravité et marche parfaitement.

Je continue donc mon oeuvre...

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En me disant qu'avec un grand garage et une grue d'atelier, et non un box et ma sueur, les choses auraient quand même été plus simples...

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Mais ça avance...

Sauf qu'à ce stade, je me dis qu'à ce point ce serait peut être bien d'aller voir ce qui ce cache sous ces ailes...
Toujours la même histoire, je ne vais pas tout refaire et ignorer les ailes...
Perfectionnisme quand tu nous tiens...

La suite bientôt.
Au passage, je ne sais pas comment on change de page.
Je continue donc sur cette même page en me disant que ce n'est peut être pas génial pour le lecteur.
Quelqu'un sait ?
Je pensais que c'était automatique.

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